21.12.2008

Larmes de soleil

marne 034.JPG
Est-ce le soleil qui se couche
Est-ce le sommeil
Est-ce moi ?

Je ferme les yeux simplement
Pour mieux voir
Mon pays
Mon royaume

Il n'y a plus rien autour de moi
Mon pays du sommeil
Que je découvre à tâtons.
La reine a les yeux d'un vert spécial
Presque tendre
Il y a toujours de belles forêts
Qui bercent le silence
Je vois de grands chemins très blancs
Comme les lignes de la main

Rien ne sert de pleurer
Les larmes éternelles sont des étincelles
Qui brillent et ceusent
Les yeux d'un vert spécial
Presque tendre

Toutes les fumées du ciel
Et tous les grains de sable
Se ressemblent
Et je dors tout près du soleil
Ma bouche repose près d'un fleuve
Qui va chantant
Les louanges des femmes de ma race
Celles qui le soir oublient leurs cheveux blancs
Et qui laissent mourir leurs amants
En s'endormant

Le rire comme un paquebot
S'éloigne
Du royaume
Où naissent les étoiles
Où les arbres hautains sont des prières

Le rire qui fait mal
Et qui console
Le rire de Dieu

Le sommeil est couché à mes pieds
Je me lève pour le regarder
Les yeux d'une reine
Qui sont verts simplement
Comme la mer où elle est née

Et son royaume s'étend sur toute la terre
Et sur toutes les années.

(Philippe Soupault)

Commentaires

Ne pas rire, je suis allé voir dans le Littré d'époque si le verbe ceuser était censé être recensé. Mais non, c'est insensé ! ce petit coquin de mot se cache ailleurs. J'en ai quand même déduit que les étincelles creusent, et je les imagine avec leurs petites pelles donner de la profondeur au regard vert.

Ecrit par : Théo | 23.12.2008

c'est le genre d'air qui veut se faire oublier......mais il ne t'a pas échappé !

Ecrit par : elle | 24.12.2008

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