30.10.2009

la beauté sauvera le monde

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" En ces temps de misères omniprésentes, de violences aveugles, de catastrophes naturelles ou écologiques, parler de la beauté pourrait paraître incongru, inconvenant, voire provocateur. Presque un scandale. Mais en raison de cela même, on voit qu'à l'opposé du mal, la beauté se situe bien à l'autre bout d'une réalité à laquelle nous avons à faire face. Je suis persuadé que nous avons pour tâche urgente et permanente de dévisager ces deux mystères qui constituent les deux extrémités de l'univers vivant d'un côté le mal, de l'autre la beauté. (...)

La beauté du monde, en dépit des calamités, nous apparaît comme une énigme. Intuitivement, nous savons que distinguer la vraie beauté de la fausse est notre tâche.

Ce qui est en jeu n'est rien de moins que la vérité de la destinée humaine, une destinée qui implique les données fondamentales de notre liberté".


(François Cheng : cinq méditations sur la beauté)

( photo Daniela Edburg La mort par barbe à papa, 2006. )

 




 

28.10.2009

automne

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" L'encens a brûlé, la cloche de pierre résonne encore.
Devant ces pétales parfumés, ultime splendeur de l'année,
pourquoi s'étonner que les hautes tiges se fassent si rares ?
L'encre que je pose sur la soie
ce matin sent déjà le givre. "


Shitao

23.10.2009

coussin rond

 

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“Vent léger sur les lotus tendres
sèche la sueur des échauffés.

Toi et moi sur un coussin rond,
Viens dans ma barque, cher instrument de méditation,
Et laisse-moi frapper à la porte de ta Loi.

Evident ce va et vient ?
Ton corps contient le mien,
Mon corps contient le tien,
Ensemble en un cercle parfait.


Laissons les remords aux tristes
Car l’Océan des Souffrances a déjà recouvert la terre.
Aux quatre coins,
Dépêchons-nous de semer les pépins du plaisir.”

 

(M. Cinq Saules)

 

 

08.10.2009

bouche usée

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( installations Vincent Olinet )

"Le rire tenait sa bouteille
A la bouche riait la mort
Dans tous les lits où l'on dort
Le ciel sous tous les corps sommeille

Un clair ruban vert à l'oreille
Trois boules une bague en or
Elle porte sans effort
Une ombre aux lumières pareille

Petite étoile des vapeurs
Au soir des mers sans voyageurs
Des mers que le ciel cruel fouille

Délices portés à la main
Plus douce poussière à la fin
Les branches perdues sous la rouille "

P. Eluard

31.07.2009

lu, mais où ?

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Fée

On lui dit : fais !
et elle le fait.
C'est aussi simple que
ça avec elle.

11.07.2009

Nuit qui déborde du corps

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Jasmin sur les nuits de juillet. Chanson
Pour deux étrangers qui se rencontrent sur une rue
qui ne mène nulle part
Qui suis-je après ces deux yeux en amande ? Dit
l'étranger
Qui suis-je après ton exil en moi ? Dit l'étrangère
Prenons garde alors, à ne pas remuer le sel des mers
anciennes
Dans un corps qui se souvient
Elle lui restituait son corps chaud
Et il lui restituait son corps chaud
Ainsi les deux amants étrangers laissent leurs amours
en désordre
Comme ils abandonnent leurs sous-vêtements entre
les fleurs des draps

(Mamhoud Darwich)

25.04.2009

manif de tulipes !

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10.03.2009

Printemps des poètes

090119_M090108mirandegulliver001.jpg Il faut que tout agisse....de J.W Goethe
(photo Pascal Mirande) Il faut que tout agisse et soit mouvant et crée
Et que la forme change aussitôt que formée.
Tu n'es qu'une apparence, ô repos du moment !
Partout au plus profond se meut l'éternité,
Car toute chose ira se dissoudre au Néant
Si dans l'Etre immobile elle veut demeurer.


Texte tiré de Elégie de Marienbad

29.12.2008

bonne année

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21.12.2008

Larmes de soleil

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Est-ce le soleil qui se couche
Est-ce le sommeil
Est-ce moi ?

Je ferme les yeux simplement
Pour mieux voir
Mon pays
Mon royaume

Il n'y a plus rien autour de moi
Mon pays du sommeil
Que je découvre à tâtons.
La reine a les yeux d'un vert spécial
Presque tendre
Il y a toujours de belles forêts
Qui bercent le silence
Je vois de grands chemins très blancs
Comme les lignes de la main

Rien ne sert de pleurer
Les larmes éternelles sont des étincelles
Qui brillent et ceusent
Les yeux d'un vert spécial
Presque tendre

Toutes les fumées du ciel
Et tous les grains de sable
Se ressemblent
Et je dors tout près du soleil
Ma bouche repose près d'un fleuve
Qui va chantant
Les louanges des femmes de ma race
Celles qui le soir oublient leurs cheveux blancs
Et qui laissent mourir leurs amants
En s'endormant

Le rire comme un paquebot
S'éloigne
Du royaume
Où naissent les étoiles
Où les arbres hautains sont des prières

Le rire qui fait mal
Et qui console
Le rire de Dieu

Le sommeil est couché à mes pieds
Je me lève pour le regarder
Les yeux d'une reine
Qui sont verts simplement
Comme la mer où elle est née

Et son royaume s'étend sur toute la terre
Et sur toutes les années.

(Philippe Soupault)

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