29.10.2008

Trois soeurs

picasso.jpg
( Picasso Deux femmes courant sur la plage)


un village de mer un peu baroque
au soleil insolent d'octobre
un plan fixe
sable fin, mer, vacance
deux soeurs, les actrices
qui rejouent leur enfance

...et les coquillages qui s'enfouissaient
lorsque les doigts les touchaient...

c'est aussi pour la distraire
la seule spectatrice, leur mère,
restée sur le banc en haut de la plage,
pour la consoler de l'absence
de la plus jeune partie en voyage
dans les nuages

...et les coquillages qui s'enfouissaient
lorsque les doigts les touchaient...

elles dansent au milieu des étoiles de mer
pour soigner le vague à l'âme de leur mère
-d'ailleurs, il n'y a plus de vague- ni bruit, ni clapotis
juste la mer métallique
en panoramique

...et les coquillages qui s'enfouissaient
lorsque les doigts les touchaient...




20.10.2008

Entrée libre

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J'aurais bien voulu y entrer, dans ces ateliers.
Mais je n'avais pas la permission.
Je ne savais pas à qui la demander.
J'avais besoin d'autorisation.
Dans l'atelier du temps pour rêver,
j'aurais bien voulu m'y glisser.
Dans l'atelier de la contemplation....
plus tard, plus tard...
Dévastée par la hâte, emportée dans des tourbillons....
Et
l'atelier des choses inutiles ?
superflu, stérile....
Bien sûr, parfois, j'arrivais à voler des bouts de temps
par effraction
Faire des collections
de cailloux ou de marrons
de plumes.
Griffonner
sur des bouts de papier.


Qu'est-ce que tu fabriques ?

Moi ?
J'ai tout mon temps.
J'ai compris la leçon.
Je me donne la permission.

13.09.2008

La terre en a le coeur serré

Sous le noisetier, c'était là le meilleur endroit.

La terre m'y semblait particulièrement tendre.

J'ai été chercher la pelle dans le cabanon.

Je n'ai pu soulever que quelques brins d'herbe.

J'ai été chercher la pioche.

J'ai commencé à ouvrir la terre.

Compacte, noire, collante.

jeter le fer

éventrer la terre

jeter le fer

éventrer la terre

le ciel était métallique

c'était le soir et il allait pleuvoir

il fallait se dépêcher.

Elle était derrière moi

ne pouvant piocher, elle me soutenait.

La pioche a buté contre une racine

une racine du noisetier,

il a fallu creuser à côté.

Au bout d'un long moment,

le vent s'est levé, il s'est mis à pleurer, à pleuvoir, à pleurer à pleuvoir.

Mon fils est arrivé

il a pris la pioche pour me relayer.

Je suis descendue à la cave chercher une bouteille de vin et on a bu quelques verres.

La cavité a pris forme

abîme-vertige

précipice du passé

trou de mémoires

La nuit est arrivée

j'ai été le chercher et je l'ai caressé

je l'ai enveloppé dans un petit drap

on l'a porté

installé au fond

tout au fond

au fond de nos coeurs

ci-gît pipo

29.08.2008

I have a dream

zao-wou-ki.jpg
( Zao Wou-Ki)

J'ai rêvé de mon blog.
Une de mes photos sur un autre blog.
en écho.
en miroir.
Je sors de derrière le miroir
où je reflète le monde,
contemplative et orgueilleuse,
pour mendier
un geste, un zeste,
un reste de vie.