29.11.2008
séraphine
( Séraphine Louis ) 1929
Elle a la fièvre, Séraphine, la passion au fond du coeur.
Peu lui importent les corvées quotidiennes, l'eau glacée du lavoir, les humiliations.
Elle a la rage de peindre.
Dès sa journée finie, elle malaxe les herbes qu'elle a trouvé au bord du chemin
pour en faire des pigments.
Ensuite, ensuite,
elle a la nuit pour elle.
Pour peindre,
dans un corps à corps avec la matière.
Pour loger la tendresse, la douleur ou la joie
dans des fleurs multicolores.
La nuit, c'est une autre, Séraphine.
Elle entre dans un territoire que le commun des mortels n'ose approcher.
Qui recèle d'inestimables gemmes.
Le monde qu'elle contemple est dans son plein éclat.
C'est un ange qui lui a soufflé sa vocation artistique.
Normal, me direz-vous, quand on se nomme Séraphine.
Séraphine, c'est un film de Martin Provost
de facture classique.
Yolande Moreau y est incomparable.
Elle se rêve une robe en nuage perlé
fine comme folie.
Je m'interroge
sans obtenir de réponse
" - Ohé !"
Je regarde à l'intérieur pour aspirer toute la beauté du monde.
"- Ohé !" une nouvelle fois.
Comme aucune réponse ne vient, j'entre sans attendre qu'on me le dise et je m'assieds pour réfléchir.
" Qu'est-ce qui forge un artiste ? "
" D'où vient ce souffle brûlant ?
brûlant jusqu'à la folie ! "
16:47 Publié dans Film | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : cinéma, séraphine






