21.04.2009

VIBRATIONS 5

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Ils avaient fait une petite dinette, puis il était retourné dans son atelier. Il terminait un luminaire qui tournoyait dans la pénombre.

Tel Calder qui se jouait de la pesanteur, il souhaitait reproduire le tourbillon du fruit de l'érable lorsqu'il virevolte pour se disséminer.

Une jolie mécanique, en somme.

Saisir l'image furtive que le vent emportera, pour en finir avec la forme fixe.

Cependant, les pétales translucides s'étaient immobilisés au bout du ressort d'acier et refusaient à présent de se remettre à tourner.

Il manifesta son impatience par un sourire narquois qui déformait sa bouche.

Cette paralysie l'accablait éminemment au moment où lui-même s'efforçait de donner un rythme à sa vie.

17.11.2008

VIBRATIONS 4

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Le tuishou signifie "mains collantes".
C'est un entraînement de tai chi qui consiste à s'adapter au partenaire.
Les exercices de base se font en prenant contact avec une main, puis deux.
On adhère au partenaire, on se relie à lui, on le colle lors de ses mouvements.
On devient fluide, élastique.
On sent et on écoute avec la peau.
On arrive à lire l'autre.
On arrive à sentir le flux continuel du changement qui s'opère en lui, la moindre résistance, le plus petit déséquilibre.
Connaître et accepter sa force.
Le plein et le vide.
Recevoir et donner.
Agir sans agir.
Vaincre sans affronter.
Savoir attendre.

14.11.2008

VIBRATIONS 3

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Un jour, il m'entraîna dans son atelier.
" viens voir ce que je fais ! "
C'était un parquet de bois commandé par un danseur de claquettes.
Les étroites lattes d'ébène s'ajustaient parfaitement pour former un tapis qui pouvait se rouler. Le danseur transportait donc avec lui sa piste de danse, comme d'autres leur carré de ciel bleu.
En tournée, la chambre d'hôtel la plus miteuse se transformait ainsi en "petit Broadway" de poche, et notre Fred Astaire pouvait y aller du fer de ses claquettes.

Tout en passant la main sur le fil serré du bois, je découvrais son univers.
Il se définissait comme une sorte de Géo-trouvetout, jouant avec les matériaux, les formes et les couleurs, fabriquant selon les besoins la chaise manquante, l'étagère sur mesure.
Il aimait surtout les cloisons translucides.
On est passé à table.
Il avait mitonné un repas de gala.

A la fin du repas, il a installé sa chaise en face de la mienne, il m'a pris les mains de ses mains rêches, puis il a planté ses yeux dans les miens.


13.11.2008

VIBRATIONS 2

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C'est mon guerrier intérieur.
Il n'a peur de rien, ni des moqueries, ni des effets.
Ni du temps qui passe.
Il s'en va, plumet au vent, sabre au côté, vers les contrées infranchissables.
Il chemine entre les mondes, sans savoir ce qui l'attends, là-bas.
Il ne s'attarde pas dans les pensées douteuses.
Il ne s'avoue jamais perdant.
Il possède la certitude.

Il transforme en souris celui qui se prend pour un chat.

12.11.2008

VIBRATIONS 1

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Cette histoire rôde autour de moi et me taraude. J'ai résisté plusieurs jours, mais elle a été la plus forte. Elle veut être racontée....

Voilà plusieurs mois que je n'avais pas eu de nouvelles. Et puis un petit message sur mon répondeur : " j'espère que tu vas bien...je te rappelle demain." Il n'a pas rappelé. Forcément, demain est un autre jour. Forcément, il ne rappelle jamais.
On pourrait croire qu'il est prisonnier.
Les permissions sont toujours très courtes et imprévisibles.
Une prison de verre de solitude, un châtiment qu'il s'impose, ou encore un sacrifice auquel il se sent condamné.
Une incapacité à agir.
Je ne sais pas quel démon le tourmente.
Evidemment, les temps  de libération sont  intenses.
C'est une histoire qui n'en finit pas, pourtant, elle n'a pas encore commencé...
La première fois que je l'ai rencontré, il portait une grande écharpe. C'était l'hiver.
J'ai tout de suite remarqué cette blessure au fond des yeux.
Il cabriolait au milieu de la rue, les mains dans les poches de son grand manteau.
Une longue silhouette qui se découpait sur la nuit.
Toujours dans l'effet, jamais dans le sens.
Des pirouettes, des jeux, des mines.
Alors, j'ai allumé des contre-feux.